N'avez-vous jamais perçu cet étrange de sentiment de se trouver
seul au monde justement en croisant des promeneurs lors d'une balade en forêt
ou dans des chemins a priori sympathiques?
Ce genre d'impression qui fait passer votre état d'esprit à "ça
fait du bien de se faire plaisir à moto" à "serais-je
un bandit?"
Si vous répondez non alors vous avez de la chance, mais ça pourrait
ne pas durer…
Roulant depuis peu dans des chemins que je ne soupçonnais pas encore
j'ai fait une expérience intéressante...
Un après-midi alors que je m'étais décidé
à aller rouler un peu (certes je me décide facilement), je m'"organise"
une sortie seul (je rassure les âmes bienveillantes : j'ai des amis quand
même) pour découvrir les coins où on peut rouler par chez
moi, et étrenner un peu plus sérieusement ma nouvelle monture
(un 250XR pour les curieux).
Quelle bizarre impression j’ai toutefois pu avoir, celle
d’être vite perçu comme un gros loubard qui dérange
tout le monde.
Bon je ne parle pas de ces #!@]@!!* de chasseurs, qui nous font se poser la
question de savoir à quel moment ils vont nous tirer dessus... (typique
de la région parisienne apparemment) (du coup comme j'ai vu que ça
leur plaisait un max que je passe près de leur terrain de chasse je suis
repassé voir pour être sûr, je n’aime pas avoir des
doutes.) Passons sur mes amis les chasseurs...
Et venons-en au commun des usagers de la forêt donc...
Alors que j’étais en pleine exploration de chemins
et coins sympas pour perfectionner ma conduite et engranger les kilomètres,
j’étais amené à croiser aux détours de chemins
quelques promeneurs, en famille, seuls ou avec leur chien (peut-être leur
famille remarque…)
Bien entendu, à cette occasion je ne manquais pas de ralentir, couper
les gaz et faire un signe flagrant de la tête en guise de salut…
Qui en aurait fait autrement, ni moins ?
Malgré ces gestes flagrants de désir de cohabitation harmonieuse,
je faisais face à une grande méfiance, et je dirais même
(oui n’ayons pas peur des mots, ni des maux d’ailleurs) à
une certaine sorte de mépris…
Et cela à chaque fois que je croisais du monde, même gestes, même
réponse…
Du coup, je me sentais gêné, et n’osais même pas m’arrêter
ni repasser par ces endroits, et cela m’a quelque peu mon plaisir…
Que faire ? Je me suis certes dit qu’ils ne devaient pas trop avoir l'habitude
de croiser ce genre d’extra-terrestre (oui oui souvent je quitte la terre
avec ma monture, et parfois même je quitte ma monture, sans forcément
le désirer…), effectivement je
dois être le seul à rouler par là bas… mais tout de
même…
C’est là que m’est venue l’idée
de me faire broder un écusson géant avec écrit : JE SUIS
GENTIL, en hésitant sur le moment avec JE DETESTE LES CHASSEURS…
mais la raison m’a vite fait comprendre que le premier slogan serait plus
porteur.
Faisant part de ma stupéfaction auprès de quelques
amis provinciaux (qui se reconnaîtront), eux me faisaient part de leur
relative bonne cohabitation, et de leurs discussions avec quelques promeneurs
et même chasseurs (oui oui X-Files n’est pas si loin…)
Et pourquoi moi ils ne m’aiment pas alors ? snif!...
Ne me croyant pas plus désagréable que la moyenne,
je décide, quelques jours après ma désagréable expérience,
de retourner dans ces fameux chemins et d’arriver à me faire bien
voir… (après X-Files, Mission Impossible…)
Même topo, je m'amuse avec mon XR, et croise quelques
personnes, à la fois stupéfaites et visiblement mécontentes...
(jusque là pas grand chose n’a changé…) Ma grande
timidité (tu parles…) m'incite à ne pas m'arrêter...
Je continue et croise, ô surprise des motos d'enduro -crois-je un premier
temps-, qui, en m'approchant légèrement, étaient deux 50cm3
(belle
imitation d'enduro) et un scooter... (oui oui je vais retourner voir mon
ophtalmo!!!) Moi qui comptais sur un coup de main pour me faire bien voir j’ai
plutôt eu l’effet inverse…
Mais justement je croise au détour d’un chemin une petite famille
en vélo, dont le plus jeune se faisait royalement transporter par son
papa.
Que fis-je? GRAND SALUT pour montrer ma considération. En retour ? Même
regard désapprobateur que précédemment... J'hésite
à y retourner pour essayer de discuter mais la manoeuvre apparaîtrait
curieuse et décide finalement de laisser passer en me disant que les
3zozos que j'avais croisé il y a peu en pseudo-motos ne m'avaient certainement
pas aidé sur ce coup là...
Continuant mon tour et je recroise la petite famille dis donc.. pas de bol pour
eux…
Et là je me dis :"Allez coco, tu fais l'effort tu coupes ton moteur
et tu t'arrêtes pour
essayer de discuter". Du coup je m'approche par derrière, sans faire
de bruit et. GRAND COUP DE GAZZZZZZ!!!!!… et roue arrière pour
montrer que je suis pas une merde en moto ! ! ! Ah non pardon ce n’est
pas ça…
Je décide de m'approcher, et commence à enlever les lunettes…
Là déjà la considération apparaissait autre, surtout
de la part de la mère de famille. Je me raisonne en me disant que ce
ne doit pas être mon regard charmeur qui fait ça (pourtant ça
a du y faire, non ? ). Je finis par les doubler tout doucement, et couper le
moteur près d’eux. Et c’est là que j’ôte
le casque et essaie de discuter. "Bonjour. Pas facile la petite cote pour
le petit bonhomme avec son vélo". "Vous allez par où,
que je ne vous embête pas trop à vous croiser..". Et bien
d'un coup je me sentais nettement plus considéré et la discussion
s'est finie par des "bonne soirée" de coutume.
La différence par rapport aux fois où j’avais
l’impression d’être un loubard ? J’ai enlevé
mon casque et me suis arrêté pour discuter… C’est pourquoi
il faut faire l’effort de s’arrêter, de se découvrir
(la tête suffira) et de discuter avec les gens que l’on croise !
Tout le monde y trouve son compte ! Et c’est bien plus agréable
pour chacun.
Et croyez moi ou non, mais j’ai même expérimenté la
technique avec mes amis (…) les chasseurs et le résultat est largement
positif : après que le vieux ait fini de m’expliquer qu'il y avait
des chemins privés, un plus jeune m’a dit : « T’en
fais pas, t’enquilles la première et peux y aller tout de même
dans ces chemins »… sympa !
Verdict ? ENLEVEZ VOS CASQUES quand vous croisez des usagers
qui comme vous et moi essaient de profiter de leur promenade.
Etienne Campens