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   David Frétigné

   Découverte de l'Afrique !

   
DécouverteL’AMV Shamrock était ton premier rallye, parle nous de ce qui t’a marqué ?
Pour moi le gros de la découverte a été la navigation, c’est mon premier rallye, je n’ai jamais eu l’habitude de lire un road book, de naviguer. C’était le plus inquiétant car j’étais dans l’inconnu et j’avais vraiment peur de me perdre.
Sur le Shamrock, on se sent en sécurité car la piste ne s’éloigne pas trop, mais sur des épreuves comme le Dakar où tu traces des grandes lignes et que tu rentres vraiment dans les terres, ça doit être hyper flippant. Au début sur les pistes je n’étais pas rassuré mais finalement tu commences à te familiariser avec le road book et à faire confiance aux instruments. Avec le temps je me suis aperçu que c’est fiable, c’est précis mais qu’il faut avoir sans arrêt les yeux dessus. Faut savoir se remettre en question quand tu as un doute, toujours savoir ce que tu as fait auparavant. Avoir une bonne analyse, et toute la journée parce que si un moment ou un autre tu te déconcentres, tu peux t’égarer très rapidement et pour couronner le tout, il faut piloter. Ca ce n’est pas évident car il y a énormément de pièges, on m’avait dit que c’était dangereux, en fait c’est vraiment très très très dangereux.
Tu ne peux pas te permettre de rouler à ton niveau, il faut être entre 50 et 60 pour cent de tes capacités de pilotage si tu veux pouvoir rouler dans de bonnes conditions de navigation sans te faire mal. Aller vite, être concentré et naviguer c’est impossible. Il ne doit pas y avoir beaucoup de pilote qui sache le faire et ensuite il faut trouver son rythme, ne pas commettre d’erreur. J’ai écouté trop de monde au début, des gens qui connaissaient très bien l’épreuve qui me disait aujourd'hui’hui avec le GPS tu t’en sort, tu navigues super, tu n’as qu’à suivre la flèche. En fait la navigation, elle passe par le Road Book, le premier jour j’ai navigué au GPS et j’ai loupé un CP volant alors que si j’avais suivi le Road Book je n’aurais pas eu de pénalité. Et tu t’aperçois que c’est ce qu’il y a de plus fiable, par ce que tu as toutes tes données, et à dix mètres tu es calé sur la piste. Le GPS tu dois t’en servir de contrôle pour te recaler sur le trace. Il vaut mieux s’arrêter au début car tu n’as pas suffisamment de lucidité quand tu roules. Si tu essais de tout faire en roulant, tu perds ta concentration sur ton pilotage. Il faut savoir stopper, même carrément arrêter le moteur s’il faut, et prendre le temps d’être sur de ta position. Autre chose que j’ai appliqué à la fin, c’est de mettre énormément de point de repères sur mon RB. C’est important d’avoir des repères visuels pour avertir des dangers ou du type de terrain. Quand tu lis ton RB, tu arrives à discerner les parties techniques et les plateaux roulants où c’est tout droit, gaz à fond. A partir de là tu peux le mentionner au stabylo et signaler les changements de direction importants qu’il ne faut pas louper. Cela simplifie ta nav et tu gagnes du temps pour visualiser tes notes.
Ca tu commences à le faire quand tu es familiarisé avec les instruments et quand tu as pris confiance. Il faut s’économiser et économiser la machine, par ce que tomber en panne dans le désert cela ne doit pas être très agréable. Il faut anticiper tout ce qui peut arriver pour limiter le risque de galère.
As tu connu des galères durant l’épreuve ?
Non, je n’ai pas eu de grosses galères sur la piste. Heureusement car je ne vois pas trop planté dans le désert en train de bricoler sur ma moto, en plein cagnard et être obligé de me mettre à l’abri du soleil sous la moto. Cela arrivera sûrement (rire) mais si je peux éviter.
Le seul truc c’est quand j’ai perdu mon carton, cela ne m’est jamais arrivé. Je suis aussi tombé en panne de GPS, j’avais vraiment la sensation d’être perdu. Tu as quand même de sacrés sensations quand tu es perdu, tu ne sais pas trop comment t’y prendre, ça fait bizarre. Tu y vas a vu de nez, on te dit, t’inquiète pas si tu es perdu, la mer est au cap 280, ton GPS est en panne mais il te donne quand même le cap mais t’as pas confiance comme il t’a laissé en rade. Tu te dis bon ben j’y vais de toute façon, j’ai que ça comme point de repère, j’avais pas de boussole, j’avais rien. je me suis arrêté sur une dune et j’ai vu des traces en hors pistes, dans les cailloux et je les ai suivit et je suis tombé sur deux médecins en moto de AMIS, qui avaient aussi des soucis avec leurs GPS. L’un deux s’est mis a pianoter sur mon truc et ça c’est remis à marcher. Alors là tu revis.

Quelles leçons retires tu de cette première expérience ?
Le plus important c’est d’avoir les outils qui puissent te permettre de sortir de galère et d’avoir confiance en soi. A mon avis sur de grands rallye comme le Dakar quand tu pars sur de grandes étendues il faut être sur de soi, tu peux quand même y rester. Si il y a beaucoup d’accident , ce n’est pas par hasard. Il ne faut surtout pas partir en se disant « ça ira », là tu maîtrises rien du tout ! Il faut mettre le maximum de chances de son coté, pour faire face en cas de problème, surtout emmener de l’eau et à manger. J’avais toujours 5 barres de céréales et ce qu’il faut pour boire, bien qu’on fasse de petites boucles, à chaque tour je remplissais mon Camel-back pour avoir le maximum d’eau quoiqu’il arrive. C ‘est hyper important.
Ensuite, il ne faut s’occuper de personne, en rallye tu as beaucoup de traces dans tous les sens, tu as beaucoup de gars qui s’affolent, qui partent dans tous les sens, si tu les suis, tu es perdu, parce que toi tu ne vas plus savoir ou tu es précisément, faut vraiment faire ta propre route pour pouvoir l’analyser et revenir sur tes pas si tu as besoin. Si tu pars et que tu te trompes, si tu sais où tu es, c’est pas grave, tu reviens, tu refais le point et tu repars.
Il faut savoir s’arrêter en cas de doute, il faut mettre plus l’accent sur la navigation que sur le pilotage et le fait de vouloir aller vite. Au début ça m’était impossible, tu ne fais que te perdre, que te perdre … Si tu vas vite, tu es obligé d’être plus concentré sur ton pilotage que sur ta navigation, forcément tu as plein de choses qui t’échappent, Au début tu essais de recaler tes instruments en roulant et tu te retrouves les pieds au dessus de la selle. Si tu as de la chance tu t’en sort, mais ça fait tout drôle, tu as de sacrées montées d’adrénaline.
Par contre, sur les grandes pistes rapides, quand tu vois que c’est libre devant toi, que tu sais que tu a quinze ou vingt bornes de piste tout droit et à fond ,tu peux te consacrer à ton pilotage et là tu as de super sensations. C’est ce qui est bien en rallye, c’est hyper varié.
tu as sans arrêt des choses à faire, tu ne peux pas être deux minutes relâché.

Et la 450 WRF ?
Ce que j’ai trouvé de super intéressant dans cette moto, c’est la sécurité que tu as à son guidon et la facilité de passage dans les dunes.
En rallye ce qui est important c’est d’avoir une moto très stable, c’est très rapide, c’est dangereux, il faut être hyper concentré et la Yamaha te permet des moments de relâche, notamment dans les parties très sablonneuse, t’as pas besoin de serrer ton guidon très fort, les 30% de motricité à la roue avant apporte beaucoup de facilité dans les changements de trajectoire, et un gros plus au niveau de la stabilité par rapport à une moto traditionnelle.
Autre motif de satisfaction c’est la fiabilité. La moto a parfaitement fonctionne, on a eu aucun problème sur le système Ohlins , on a aussi innové avec la 450, cela vous a permis de tester ce nouveau modèle, La moto est bien née, compétitive et fiable sur près de 2000 kilomètres de piste. Le petit bouton change la vie. Quand tu ne l’as pas, tu te dis que finalement la moto démarre bien, mais quand tu l’as c’est super. Dans les étapes de dunes, quand tu te loupes et que tu dois redémarrer la moto par 50 degrés, tu t’économises énormément.
En enduro, cela devient un avantage dans les parties techniques ou tu te fatigues à redémarrer, là tu n’as plus besoin, tu mets le point mort, tu démarres et ça repart. C’est devenu indispensable, surtout pour la clientèle qui utilise les motos loisirs.

Pascal Schandelmayer






Un bon plan hébergement pour les motards en Provence
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